Nemours ma ville ma France de 1830 à
1962
Je dédie ce poème à mon grand père qui
repose là bas !
Tels nos regrets surviennent,
arrachent nos soupirs
Ces vagues qui vont et viennent qu'on
ne peut retenir..
Je pense toujours à celle qui m'avait vu
grandir
Je pense toujours à celle qui savait me
séduire
Je pense toujours à elle qui m'avait vu
partir,
Je pense toujours à elle car je l'ai vu
mourir !
Je me souviens encore terrible
souvenir
De ma chienne qui pleura en me voyant
partir
Nemours me sembla d'une infinie
tristesse
Sous mon dernier regard mon ultime
caresse.
Je pense encore à elle j'ai le coeur en
émoi
Je ne pourrais mourir un jour comme il se
doit
Car je suis déjà mort comme un oiseau
blessé
Mon âme s'ensevelit déjà dans le
passé.
Je ne sentirai plus l'odeur des
genêts
Je ne reverrai plus la mer et ses
reflets
Son petit port de pêche et ses vieux
lamparos
Que regardaient passer ces Deux Frères
sur l'eau.
Et je n'entendrai plus la mer
déchaînée
Sur la digue de pierre qui voulait
l'arrêter
Les cloches si vaillantes seront mortes
de chagrin
L'église ne verra plus Madeleine ou
Lucien
Que sont devenues les sirènes de
bateaux
Ces filles à moitié nues qui se
plongeaient dans l'eau
Le temps de l'insouciance même si on
avait rien
Mais c'était le bonheur c'était notre
seul bien.
Je ne reverrai plus des filets les
entrailles
Les pêcheurs aux mains rèches raccomodant
les mailles
Les chalutiers le soir qui rentraient
nonchalents
Que suivaient les mouettes aux petits
cris stridents !
Cinquante ans ont passé, que je cherche
éperdu
A revivre ce passé mais à jamais
perdu
J'ai vu partir mes pères tant de ceux que
j'aimais
Mais perdre mon pays je ne pourrais
jamais !
Je sais hélas qu'il est des lieux où l'on
ne revient pas
On a beau se retourner plus de traces de
nos pas !
Mais il nous reste l'espoir, le rêve d'un
temps passé
Celui d'un temps vécu qu'on ne peut
effacer !
Quand l'homme comprendrat-il que la Terre
ne lui appartient pas mais qu'il appartient à la Terre ! Ange Paul
Costanzo alias dieuceclair